Illustration de l'événement : Cinédébat "Le rendez-vous des quais" de Paul Carpita dans le le cadre du festival de films pour la Paix

Cinédébat "Le rendez-vous des quais" de Paul Carpita dans le le cadre du festival de films pour la Paix

Date et horaires

Organisé par # Mon Petit Ponant

À propos de cet événement

« Un chaînon manquant dans l’histoire du cinéma français » Frédéric Bonnaud « Un chef d'oeuvre social »Festival de Cannes Le Rendez-vous des quais - Un film de Paul Carpita ------------------------------------------------------ censuré pendant 35 ans 1955 / 75 minutes / version restaurée Janvier 2026 en 4K diffusé dans le cadre fu festival de filmms pour la Paix organisé par L'UEP avec le soutien de Termaji Marseille en 1955. Robert est docker tandis que Marcelle est employée dans une fabrique de biscuits. Jeunes amoureux, ils cherchent un appartement, mais les temps sont durs. Jean, le frère de Robert, est secrétaire du syndicat des dockers. Des grèves et des luttes sociales des ouvriers éclatent contre leurs conditions de travail très rudes et la guerre en Indochine. Celle-ci suscite une vive opposition parmi les dockers, qui refusent le transport de cercueils de soldats morts au combat. Sur les conseils de Jo, l'un de ses collègues, Robert essaie de se désolidariser de ses camarades syndiqués pour faciliter sa recherche d'appartement. Il s'oppose rapidement à son frère, résolument engagé dans le mouvement de grève, mais aussi à Marcelle, qui ne tarde pas à épouser les idées de Jean. Il était mon premier film. Sa saisie humiliante, dans l’indifférence totale des gens de cinéma, de la profession, de la critique, a ouvert en moi une plaie profonde qui a été longue à se cicatriser. Paul Carpita L'histoire : La vie amoureuse et précaire de Marcelle et de Robert à Marseille, sur fond de luttes ouvrières, sociales et de guerre au Vietnam. Festivals et prix Festival de Cannes · 2023 Sélection Cannes Classics Bande annonced : www.dailymotion.com/video/x9xg06e Paul Carpita a longtemps souffert de la disparition du Rendez-vous des quais, son film censuré en raison de ses positions jugées trop proches du Parti communiste, mis sous séquestre, réputé disparu pendant trente-trois ans, et finalement retrouvé à la fin des années 1980... Anaïs Carpita, scénariste et petite fille du cinéaste, raconte l’histoire méconnue de cette « pièce manquante » du cinéma français à l'occasion de sa ressortie sur le grand écran. Pouvez-vous nous dire quelques mots de l’histoire autour du Rendez-vous des quais ? Il s’agit d’un long métrage tourné entre 1953 et 1955 par mon grand-père, Paul Carpita. J’ai grandi avec la légende de ce film d’abord censuré, puis pensé perdu et finalement retrouvé et restauré dans les années 1980. Je suis née en 1983, et le film est sorti des limbes à la fin des années 1980 mais n’a vraiment été redécouvert que dans les années 1990 – jusqu’à être présenté comme un « chaînon manquant » du cinéma français… Qui était Paul Carpita et comment est-il arrivé au cinéma ? C’était d’abord quelqu’un de très engagé, il était encarté au PCF. Il a découvert le cinéma juste après-guerre – l’histoire est un peu floue : il a soit récupéré des surplus de pellicule dans un stock de l’armée américaine, soit… il les a volées. Quoiqu’il en soit au tournant des années 1950, avec quelques amis communistes, il s’est mis à réaliser ce qu’il appelait des « contractualités » en opposition aux actualités officielles qui faisaient les louanges des gouvernements successifs. Ce groupe, qui s’appelait Ciné Pax, allait filmer les grèves des dockers, les mouvements sociaux qui éclataient dans les environs de Marseille, pour les documenter. Ils filmaient les gens, leurs luttes quotidiennes, toutes ces choses qu’on ne voyaient jamais à l’époque. Et de fil en aiguille il a voulu raconter ça, mais par le biais de la fiction. C’est comme ça qu’est né le projet Le Rendez-vous des quais. Il a écrit une fiction (l’histoire d’amour entre un docker et une ouvrière) qu’il a réalisée sur plusieurs années et dans les conditions du réel. La plupart des acteurs étaient non professionnels et le film mêlait fiction et documentaire. À l’époque ce n’était pas un cinéaste professionnel… Pas du tout, il était instituteur. Mais comme il disait lui-même, il était « un instituteur qui savait se servir d’une caméra ». Il n’avait par ailleurs aucune formation. Il était simplement fasciné par le cinéma depuis l’enfance, depuis qu’un instituteur ou un curé avait un jour projeté un petit film. C’était un pur autodidacte. Il a donc pris sa caméra avec des ambitions à la fois artistiques et quasiment documentaires. Comme il le disait lui-même, il était « un instituteur qui savait se servir d’une caméra » \[...\] Pur autodidacte, il a donc pris sa caméra avec des ambitions à la fois artistiques et quasiment documentaires. Au cœur du film, il y a une grève des dockers. De quoi s’agissait-il exactement ? C’est cette grève qui a effectivement inspiré Le Rendez-vous des quais. Des dockers avaient arrêté le travail pour protester contre la guerre d’Indochine : ils manifestaient contre des conditions de travail très rudes, mais aussi contre cette guerre coloniale. Le jour on les faisait embarquer des canons et des armes à destination des colonies, et la nuit on ramenait en secret les cercueils des soldats morts. Ils ne voulaient pas être complices de ce conflit, et mon grand-père, viscéralement pacifiste, avait été choqué d’apprendre cela. Quand il réalise le film, obtient-il des soutiens d’institutions ou de syndicats ? Oui, le PCF, la CGT l’ont aidé, sans doute financièrement. Même les studios Pagnol (où s’est déroulé la postsynchronisation) l’ont soutenu, alors que politiquement, ce n’était pas tout à fait la même ligne. « Le Rendez-vous des quais » a longtemps été censuré. DR – collection privée Il finit donc son film en 1955 et là… Eh bien pendant l’une des toutes premières projections publiques, la police fait irruption dans la salle, enlève les bobines et confisque le négatif original en prétextant que ce film avait été tourné sans autorisation (ce qui était vrai). Le film est ensuite passé devant le comité de censure. On a alors reproché à mon grand-père d’avoir réalisé une œuvre susceptible de porter atteinte à l’ordre public. Mon grand-père n’était pas présent à cette projection (il était en classe). Il a été convoqué au commissariat juste après pour qu’on lui signifie tout cela… Et le film disparaît. Oui. On lui explique que les négatifs originaux et les copies ont été détruits. Il n’y a plus rien. Pourtant, le PC avait visiblement conservé soit des négatifs soit des copies du film, qui refirent surface vers la fin des années 1980. A lire ou à écouter : L’incroyable destin du « Rendez-vous des quais » de Paul Carpita (CNC) www.cnc.fr/cinema/actualites/lincroyable-destin… Paul Carpita présente son film (Archive INA) fresques.ina.fr/sudorama/fiche-media/0000000030… Films perdus et retrouvés (Libération). www.liberation.fr/plus/speciaux-cahier-ete/film… Paul Carpita, cinéaste (Le Monde). www.lemonde.fr/disparitions/article/2009/10/28/… Festival de Cannes www.festival-cannes.com/f/le-rendez-vous-des-qu… La programmation engagée en ligne : mobilizon.infini.fr/@termaji\_cinedebat S'abonner à la lettre d'information pour les cinédébats à Brest : listes.infini.fr/wws/subscribe/cinemadebats