Illustration de l'événement : Découverte du champ de bataille de la victoire de Jeanne d'Arc à Patay

Découverte du champ de bataille de la victoire de Jeanne d'Arc à Patay

Date et horaires

À propos de cet événement

La bataille de Patay, le 18 juin 1429, est connue dans le monde entier comme tournant de la guerre de Cent Ans. Moribonde après les dernières défaites sanglantes d’Azincourt et du Rouvray (la bataille des harengs), la France se relève enfin. Cette victoire décisive confirme la levée du siège d'Orléans et ouvre surtout la voie du sacre à Reims, où le Dauphin devient le Roi Charles VII. Sur le champ de bataille, Olivier Bouzy, docteur en histoire médiévale, directeur du Centre Jeanne d'Arc à Orléans, expliquera le déroulé de la bataille de Patay, le rôle de la topologie géographique ainsi que celui du cerf. (V. aussi notre livre pour enfants sur YouTube) youtu.be/udxPOvmxD1U La Bataille de Patay 18 juin 1429 (d’après Olivier Bouzy, docteur en histoire médiévale.) Après la levée du siège d’Orléans, le 8 mai 1429, les Anglais ne sont pas encore définitivement vaincus. Ils occupent toujours les places fortes de Jargeau, Meung-sur-Loire et Beaugency. Jeanne convainc le Dauphin qu’il faut libérer ces trois villes avant d’aller à Reims. Commence alors la campagne de Loire. Le 12 juin, les Français libèrent Jargeau. Le 15 juin, ils se présentent devant Meung-sur-Loire, où ils prennent le pont. Le 16 juin, ils arrivent à Beaugency où, dans la soirée, le connétable de Richmond les rejoint avec son armée bretonne. Le 17 juin, une armée anglaise de renfort venue de Paris arrive à Meung-sur-Loire. Au cours de la nuit, elle est rejointe par les troupes anglaises chassées de Beaugency, qui l’informent de la présence de Jeanne parmi les soldats français. Epouvantés, les Anglais décident de se replier vers Paris et Janville, où ils ont laissé une partie de leurs bagages. Au petit matin du 18 juin 1429, les Français, toujours à Beaugency, comprennent que les Anglais, en fuite, se préparent à livrer une bataille rangée. Inquiets, les chefs de l’armée se réunissent pour délibérer. Jeanne s’invite à leur conseil. Après tout, le duc d’Alençon, commandant nominal de l’armée, a pour recommandation de la consulter. Jeanne accueille la nouvelle sur le ton de la plaisanterie : « Avez-vous vos éperons ? » Les capitaines, encore marqués par leur défaite cinglante, quatre mois plus tôt, prennent la question très au sérieux : « Faudra-t-il encore fuir comme au Rouvray » ? Mais Jeanne, avec son charisme, apaise leurs craintes. Elle leur affirme que, cette fois, ce sont les Anglais qui fuiront et que les éperons serviront lors de leur poursuite ! Encouragé, le duc d’Alençon décide de poursuivre la série de « miracles » commencée à Orléans. On attaquera ! Galvanisés par Jeanne, les chefs français décident de ne pas laisser partir les Anglais comme à Orléans, puis à Beaugency mais de les poursuivre ! L’avant-garde française est composée des compagnies de La Hire, de Xaintrailles et du maréchal de Boussac. Chacun d’eux dispose d’une soixantaine de lances, soit peut-être 700 combattants au total. Parmi eux, on ne compte toutefois qu’environ 180 cavaliers, commandants compris. Le duc d’Alençon et le connétable de Richemont dirigent le corps principal de l’armée, tandis que Jeanne, elle, se trouve à l’arrière-garde : les capitaines français ne tiennent pas à ce qu’elle soit exposée inutilement aux dangers du combat. Lorsque les Anglais comprennent qu’ils sont poursuivis, Lord Scales, qui commande l’armée anglaise, décide de se battre. Pour cela, il choisit un versant de la large et peu profonde vallée de la Retrève, à Lignerolles, entre Patay et Coinces. L’avant-garde anglaise, sous les ordres de Fastolf, est arrêtée près de Patay, sur le « chemin de Blois » en direction de Janville, afin de servir de corps de réserve. Talbot, quant à lui, est chargé de l’arrière-garde. Installé aux environs de Saint-Péravy, à la tête d’une centaine d’archers, il doit ralentir suffisamment l’avance des Français pour laisser à l’armée le temps de se mettre en ordre de bataille. Selon les règles habituelles, l’avant-garde française doit avancer jusqu’au moment où elle aperçoit l’ennemi, puis prévenir le gros de l’armée et attendre son arrivée avant de lancer la charge. Cependant, lorsque les capitaines français approchent de Saint-Péravy, ils ne se doutent pas que les archers de Talbot les attendent là. De leur côté, les Anglais ne s’attendent pas davantage à voir arriver les Français aussi rapidement. Ils viennent tout juste de changer de position et n’ont pas encore eu le temps de se préparer à se battre. C’est alors qu’un cerf, probablement dérangé par l’approche des cavaliers français, surgit devant eux. Les archers poussent de grands cris afin de le faire fuir. Ces clameurs révèlent leur présence. Les Français comprennent aussitôt la proximité des Anglais. Au lieu de s’arrêter conformément aux usages, ils se laissent entraîner par l’enthousiasme de La Hire. Les cavaliers lancent leurs chevaux au galop et se jettent brusquement sur les archers de Talbot. Pris totalement au dépourvu, ils sont tous massacrés, sauf Talbot, fait prisonnier. Les cavaliers français poursuivent leur charge vers les principales forces anglaises, qui sont en train de se déployer à quelques kilomètres de là, dans la vallée de la Retrève. Là encore, les archers ne sont pas prêts à combattre. A vrai dire, les 180 cavaliers de La Hire, de Xaintrailles et de Boussac ne sont pas assez nombreux pour vaincre, à eux seuls, toute l’armée anglaise. En revanche, ils peuvent empêcher son déploiement en semant le désordre dans ses rangs et tuer les archers qui ne portent pas d’armure et sont donc particulièrement vulnérables. Ils s’y emploient avec ardeur. La bousculade ne dure probablement que quelques dizaines de minutes, juste le temps nécessaire pour que le corps principal de l’armée française rejoigne le combat. Fastolf, qui se trouve au fond de la vallée avec Lord Scales, retourne à l’avant-garde, restée stationnée en attente d’un signal de leur chef. Mais au lieu de la ramener au combat, son action produit exactement l’effet inverse. En voyant leur chef arriver au grand galop, les soldats de l’avant-garde anglaise, paniqués, s’imaginent que celui-ci s’enfuit et prennent la fuite à leur tour, convaincus que la bataille est déjà perdue. Les Anglais espéraient que cette bataille leur permettrait de compenser la levée du siège d’Orléans ; Ils ont au contraire subi une défaite cuisante. Plus grave encore, leur commandement est anéanti. Les chroniqueurs peinent à trouver les mots pour décrire l’enthousiasme qui s’empare des Français au soir de la bataille de Patay du 18 juin 1429. Jeanne d’Arc avait annoncé la victoire au nom de Dieu ; celle-ci est désormais une réalité, éclatante, rapide et complète. Aux yeux des soldats, Jeanne est désormais la preuve vivante que Dieu soutient le roi de France ; Et toutes les armées ont toujours aimé mettre Dieu de leur côté.